lundi 20 décembre 2010

Vivante

je l'ai plaqué lui et sa silhouette divine et son corps sec, ses cheveux au vent et ses yeux bleus, son goût parfait et son bas goût d'enfer. Je l'ai plaqué parce que je ne veux plus être plaquée encore et encore comme d'habitude sous de stupides prétextes de vie que l'on considère comme la normalité mais qui nous bouffe chaque jour.
Chaque jour j'ai pensé à lui comme jamais je n'ai pensé à d'autres, j'ai vécu pour qu'il me regarde enfin comme quelqu'un qu'il peut désormais garder et présenter orgueilleusement. Je me suis tuée chaque jour, souffert comme jamais et épuisée à remonter le gouffre dans lequel je m'étais jetée.
Fini. Terminé. c'est fini!
Aujourd'hui, je vais recouvrer la vue, déployer mon grand corps violemment bossu, afficher mes grandes dents et courrir nue les cheveux au vent. Oui, enfin libre, prête à m'ouvrir pleinement au monde extérieur, prête à me retrouver enfin et jouir de tout, butiner avec les papillons, sauter comme les saumons, taquiner les minets et profiter pleinement. Oui fini ce qui ne mène à rien, je veux jouer aux légos, construire des édifices, générer des marmots et titiller du bouquin chatouilleur de cerveau. Je me fous du bio et des belettes au teint gris-vert, j'aime manger du gras, des rillettes, de la viande saignantes et des boulettes. Je veux vivre dans un verger avec doudou le chien et pompon le chat, je veux faire du char à voile sur la plage en face du jardin et regarder les mouettes voler au dessus de l'océan, me prendre pour Jonathan Livingstone et rêver dans les pâquerettes en regardant les nuages aux formes de songes et de personnages imaginaires, je veux écrire sur ma vielle machine typo et regarder mes enfants rire en s'arrosant au tuyau. Je veux rejoindre mon amoureux dans le hamac et parsemer son visage de baisers tendres, toucher son sourire des doigts et me lover dans ses bras.

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